Premiers religieux arrivés au Canada, les Récollets (une branche réformée des Franciscains) y exercent leur apostolat durant plus d'un siècle et demi, soit de 1615 à 1645 et de 1670 à 1813. Au moins 345 Récollets-Franciscains, dont 87 Canadiens, se dévouent ainsi dans les missions auprès des Amérindiens, dans les paroisses qu'ils desservent, ou encore dans les divers postes militaires de la Nouvelle-France. Les Britanniques leur interdisant de se recruter après 1760, ils sont presque tous disparus au début du XIXe siècle. Voir à ce sujet : Odoric Jouve et autres, Dictionnaire biographique des Récollets missionnaires en Nouvelle-France, Montréal, Éditions Bellarmin, 1996, LXXXVI+903 p.
En 1890, précédés par le bienheureux Frédéric Janssoone, les Franciscains reviennent au Canada et s'installent d'abord à Montréal. En peu de temps ils iront essaimer ailleurs. Ces diverses communautés franciscaines formeront en 1927 la Province Saint-Joseph du Canada, une entité pleinement canadienne au sein de l'Ordre international des Franciscains. Celle-ci donnera d'ailleurs naissance, en 1955, à la province anglophone du Christ-Roi, couvrant les quatre provinces de l'Ouest canadien.
À son apogée, en 1955, la Province Saint-Joseph compte près de 600 Franciscains. Ceux-ci ont des maisons à Montréal, Québec, Trois-Rivières, Sorel, Sherbrooke, Ottawa, Winnipeg, Edmonton et Vancouver. Ils exercent leur œuvre d'évangélisation dans presque tous les domaines : la prédication et la célébration des sacrements dans leurs églises conventuelles ; la direction du Tiers-Ordre de saint François d'Assise et l'assistance spirituelle aux tertiaires ; la publication en français et en anglais de revues franciscaines ; la direction de maisons de retraites ; l'éducation et l'enseignement auprès des jeunes ; la direction de collèges classiques ; les recherches et l'enseignement en franciscanisme dans les milieux universitaires ; les campagnes de tempérance et la pastorale de la famille ; le ministère en paroisses comme prédicateurs, desservants, vicaires ou curés ; le ministère auprès des Amérindiens. Les Franciscains ont également contribué de façon décisive à la mise sur pied à Montréal du Centre d'information sur les nouvelles religions en 1983 et du Centre de ressources sur la non-violence en 1987.
On trouve aussi des Franciscains canadiens missionnaires en Terre Sainte à partir de 1902, au Japon à partir de 1907, en Chine à partir de 1909, au Pérou à partir de 1936 et en Corée à partir de 1937. En tout pas moins de 170 missionnaires. La Province Saint-Joseph a aussi contribué de façon importante à la naissance de la Province franciscaine des Saints-Martyrs de Corée ainsi qu'à celle de la Province franciscaine des Saints-Martyrs du Japon. Le charisme franciscain n'a pas fini de produire ses fruits… L'historien Jean Hamelin et ses collaborateurs de l'Université Laval ont dressé une synthèse remarquable de la présence des Franciscains canadien au Québec, au Canada et à l'étranger. Voir à ce sujet : Jean Hamelin (sous la direction de), Les Franciscains au Canada, 1890-1990., Sillery, Éditions du Septentrion, 1990, 438p.
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À partir de 1907, disions-nous, les Franciscains canadiens vont missionner au Japon, cette très ancienne civilisation que des Franciscains espagnols avaient déjà commencé à évangéliser au XVIe siècle, plusieurs y étant morts martyrs à Nagasaki en 1597. Nos Canadiens se joignent d'abord aux Franciscains allemands chargés de la mission catholique de Sapporo dans l'île d'Hokkaido. Puis en 1921, ils se voient confier en propre un territoire missionnaire, taillé à même l'immense diocèse de Nagasaki. Ce territoire englobe le département civil de Kagoshima sur l'île Kyû-Shû et un chapelet de 55 îles, dont les plus étendues sont Okinawa et Oshima. Dans cette dernière île, ils s'installent à Nazé et, de là, effectuent des randonnées apostoliques dans les villages. En 1927, Rome érige la mission de Kagoshima en préfecture apostolique et y nomme le père Égide-Marie Roy préfet apostolique. Celui-ci, de Nazé, transporte le centre de la mission à Kagoshima, en l'île Okinawa. Afin d'assurer une plus large diffusion du message, de 1928 à 1933, la Province Saint-Joseph du Canada lui envoie 23 missionnaires. La montée du militarisme et du nationalisme japonais incite Rome en 1936 à confier la mission de Kagoshima au clergé japonais.
Deux Franciscains canadiens s'en vont alors en Corée, les autres se rendant au nord de Tokyo, dans le Kanto-Nord. Le supérieur de ce nouveau territoire que Rome assigne aux Canadiens est le père Ambroise Leblanc, ancien provincial de la Province Saint-Joseph du Canada. Il choisit la ville d'Urawa comme centre de la mission. Celle-ci deviendra une préfecture apostolique en 1939. Monseigneur Leblanc y fonde un petit séminaire à Kita-Urawa et un couvent à Taiden en Corée. À Urawa même, il fait construire le couvent des Franciscains, une cathédrale et un évêché. Il fonde aussi deux nouvelles paroisses. Face à un gouvernement civil qui supporte de plus en plus mal la présence des étrangers, Rome remet la préfecture d'Urawa au clergé japonais en 1940. Monseigneur Leblanc démissionne, étant remplacé par monseigneur Paul Uchino.
En1941, quand le Japon entre en guerre, les Franciscains canadiens sont internés dans le couvent de Kita-Urawa jusqu'à la fin des hostilités. De 1945 à 1950, les missionnaires canadiens ne sont plus que sept. Monseigneur Uchino leur confie alors la province civile de Tochigi, où ils se regroupent dans deux paroisses déjà bien organisées. Des renforts arrivent bientôt du Canada, On fonde les missions de Tochigi en 1949 ; celles de Kanuma, de Sano et de Nikko en 1950 ; puis, on en établit six autres de 1953 à 1959. Durant cette période, le nombre de catholiques fait plus que doubler. En 1977, quand sera fondée la Province japonaise des Saint-Martyrs, on évaluera à 62 le nombre de Franciscains canadiens ayant œuvré au Japon. Ceux-ci avaient assuré parmi les Japonais une relève franciscaine de qualité.
Le Service des archives des Franciscains ; Montréal, juin 2001.
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